Les biais cognitifs : des jugements intuitifs fondés sur une petite quantité d’informations.

Biais cognitifs

Le biais cognitif est un raisonnement qui nous permet de prendre une décision rapidement. Le cerveau emprunte un raccourci pour traiter une information en quelques secondes. 

Nous en avons tous car il s’agit d’un mécanisme de survie hérité de nos ancêtres préhistoriques qui les utilisaient pour prendre rapidement une décision dite de survie. 

Prenons par exemple le biais de confirmation  

C’est la tendance à chercher, interpréter ou se rappeler des informations de manière à confirmer ce que l’on pense déjà. Par exemple, si quelqu’un croit que les chats sont plus intelligents que les chiens, il aura tendance à remarquer et à se souvenir des comportements des chats qui semblent intelligents, et à ignorer ou minimiser les comportements des chiens qui le sont.

Nous avons donc hérité ces biais cognitifs de nos lointains ancêtres. Le problème étant que pour élaborer un raisonnement rapide, le cerveau va parfois utiliser des raccourcis (biais) qui ne sont pas adaptés ou sans fondement. C’est ce que l’on appelle le biais des corrélations illusoires (Chapman et Chapman, 1967).

Il existe pas moins de 250 biais cognitifs répertoriés. Il ne me semble pas utile de les développer ici car ils sont très facilement accessibles sur la toile. J’aimerais néanmoins lister certains biais très importants que je rencontre régulièrement en séance de thérapie.

Bibliographie: Chapman et Chapman, 1967, Redelmeier et Tversky en 1996, Franz Messerli, 

    Quelques exemples de biais cognitifs courants

    • Le biais de confirmation ou le biais de chambre à écho

    Ce biais se manifeste quand, par exemple, un internaute ne consulte volontairement que les sources qui sont en accord avec son point de vue. (Beaucoup d’algorithmes sont codés en ce sens dans le but de fidéliser l’utilisateur.)

    A ce biais, ajoutez celui d’essentialisme qui permet de définir par exemple que les garçons aiment le bleu et les filles, le rose et que cela est “naturel » : vous pouvez facilement vous rendre compte à quel point nos jugements sont biaisés. 

    • Biais de la preuve sociale :

    Ce biais nous pousse à adopter les opinions ou les comportements d’un groupe parce que nous voulons être acceptés ou conformes à cette norme sociale. Par exemple, si vos amis commencent tous à utiliser une nouvelle application, vous pourriez être enclin à l’essayer aussi, même si vous n’avez pas d’opinion forte à son sujet.

    • Biais de l’effet de halo :

    Le biais de l’effet de halo se produit lorsque nous jugeons globalement une personne, un objet ou une situation en fonction d’une seule caractéristique positive ou négative. Par exemple, si vous trouvez qu’une personne est physiquement attirante, vous pourriez avoir tendance à supposer qu’elle a également d’autres qualités positives, comme l’intelligence ou la gentillesse. Il semblerait que l’habit fasse le moine finalement.

    • Biais de la projection :

    Ce biais se produit lorsque nous supposons que les autres partagent nos opinions, croyances ou expériences, même si ce n’est pas nécessairement le cas. Par exemple, si vous aimez un certain type de musique, vous pourriez penser que tout le monde autour de vous l’apprécie également.

    • Biais de la négativité :

    Ce biais nous pousse à accorder plus d’attention et de poids aux informations négatives par rapport aux informations positives. Par exemple, les critiques négatives d’un produit peuvent avoir plus d’influence sur votre décision d’achat que les critiques positives. Vous remarquerez d’ailleurs que les avis négatifs sont bien plus longs que les positifs.

    En résumé, connaître ses biais cognitifs permet de modifier notre perception.

    Il est crucial de prendre conscience de nos biais cognitifs car ils influencent nos perceptions, nos jugements et nos décisions de manière souvent inconsciente. En reconnaissant ces tendances, nous pouvons éviter les erreurs de jugement, les discriminations involontaires et les conflits basés sur des interprétations déformées de l’information. Cela nous permet de prendre des décisions plus équilibrées et informées, favorisant ainsi des interactions plus constructives et respectueuses.

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